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Purges en Turquie…

Posted by: | Posted on: août 26, 2016

SALVAN Jean, magistro, Les purges en Turquie et ailleurs,

Source : Purges en Turquie…


Le mythe de l’argent qui dort

Posted by: | Posted on: août 26, 2016

BICHOT Jacques, magistro, Le mythe de l’argent qui dort,

Source : Le mythe de l’argent qui dort


Le terrorisme

Posted by: | Posted on: août 21, 2016

Par: Jacques Menegoz

Et si nous essayions d’analyser les causes profondes, historiques, du terrorisme qui nous touche en occident ?

Je vous renvoie à une analyse que j’ai faite avec l’aide d’historiens variés. C’est la 3 ème fois que je mets ce texte sur Mediapart et je m’excuse de cette repétition aupres de ceux qui l’auraient dejà lu. J’ai obtenu 20 mentions « recommandé » de la part des lecteurs et cela m’encourage dans cette démarche bien que Mediapart n’ait pas voulu me publier en premiere page des blogs ( Je pense que c’est à cause de ma critique trop forte d’Israel, Mediapart n’ayant jamais voulu critiquer Israel de maniere frontale).

Voici ce texte:

Occident terroriste et attentats terroristes en France et en Belgique.

Les puissances occidentales, depuis la chute de l’empire ottoman, ont occupé par la force le Moyen Orient pour une raison principale, le pétrole qui s’y trouve. Les attentats islamistes extrémistes terroristes perpétrés en France et à Bruxelles récemment sont-ils une conséquence de cette occupation? Ce texte tente de répondre à cette question.

Tout d’abord une définition: le terrorisme, ce mot utilisé si frequemment, quelle est sa signification reelle ? Je voudrais ici rapporter la définition de ce mot telle qu’elle a été analysée par Noam Chomsky et Gilbert Achcar dans un livre bien connu publié en 2006  en français chez Fayard et qui s’intitule : »La poudrière du  Moyen-Orient ».

Noam Chomsky est un linguiste célèbre, tres connu par ailleurs pour ses analyses de la politique étrangère des U.S.A. Il est professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Gilbert Achcar,originaire du Liban, a d’abord enseigné les sciences politiques à l’université Paris VIII avant d’être nommé professeur à la School of Oriental and African Studies à l’université de Londres.

Pour citer Gilbert Achcar ou Noam Chomsky qui parlent j’ouvrirai des guillemet simples , », et lorsqu’eux memes citent quelqu’un j’utiliserai des doubles guillemets: » ».

Noam Chomsky dans ce livre rapporte tout d’abord la définition du code officiel des lois etats-unien: je le cite:  » Cette définition precise que le terrorisme est «  » l’usage delibéré de la violence ou de la menace de la violence pour atteindre des objectifs qui sont de nature politique, religieuse ou  idéologique par le recours à l’intimidation ou à la coercition ou en inspirant la peur » ».Cette definition est pour l’essentiel,identique à l’actuelle définition officielle britannique.La definition etats-unienne a toutefois été abrogée en pratique, vraisemblablement en raison de ses evidentes implications.Car si on l’interprète litteralement,il s’avère, de manière presque immediate,que les Etats Unis sont au premier rang des etats terroristes « .

Ensuite Noam Chomsky rapporte une définition de l’ONU , je le cite: « Ainsi,sous les pressions de l’administration Reagan,les Nations unies ont adopté diverses résolutions sur le terrorisme.La première remonte à décembre 1987 et condamne le crime du terrorisme dans les termes les plus énergiques; elle demande à tous les etats de collaborer afin d’éradiquer ce fleau et ainsi de suite; il s’agit d’une résolution longue et détaillée. Elle a été adoptée par 153 voix contre 2 avec 1 abstention, celle du Honduras. Les 2 états qui s’y sont opposés sont les USA et Israel.Les ambassadeurs des deux états ont expliqué leur vote au cours des déliberations de l’assemblée générale.Ils ont fait remarquer qu’il y a dans la résolution un passage offensant, qui stipule en effet que «  »rien dans la présente résolution ne saurait d’une quelconque façon porter prejudice au droit à l’autodetermination,à la liberté et à l’independance, tel que consacré par la Charte des Nations Unies, des peuples privés de ce droit par la contrainte , particulierement les peuples sous régime colonial et raciste ou sous occupation etrangère ou sous toute autre forme de domination coloniale, ni, conformement aux principes de la Charte et à la declaration susmentionnée, au droit de ces peuples de lutter à cette fin et de chercher et d’obtenir du soutien » ». De toute evidence les USA et Israel ne pouvaient pas admettre cela ,car les termes « regime colonial ou raciste »désignaient l’Afrique du Sud,qui etait encore leur alliée sous le regime d’apartheid. Certes,les USA s’etaient joints en principe à l’embargo contre l’Afrique du Sud, mais non dans les faits.Le commerce avec l’Afrique du Sud s’est accru, et l’on a trouvé moyen de contourner l’embargo de manière à ce que Washington puisse continuer à soutenir le regime de Pretoria.  Même chose pour Israël, qui etait en fait un des canaux permettant de contourner l’embargo contre l’Afrique du Sud. En outre, les termes, » »occupation etrangère » » se référaient manifestement à la Cisjordanie, à la bande de Gaza et au plateau du Golan, alors que ni les USA ni Israël ne pouvaient permettre la resistance contre cette occupation, même pas une résistance legitime, qui ne comprend pas, bien entendu, d’attaques terroristes contre des civils. Ainsi, bien qu’il n’existât pas rigoureusement parlant de veto à l’assemblée générale, les USA et Israel ont de facto opposé leur véto à la résolution. »

Et plus loin , toujours dans ce même livre, « La poudrière du Moyen-Orient »,Chomsky continue: »Toutefois, depuis le milieu des années 1980 s’est developpée toute une industrie savante qui produit,notamment,conférences,laborieux ouvrages,réunions des nations unies et ainsi de suite, pour voir si quelqu’un peut résoudre ce «  »très difficile problème » » consistant à définir le terrorisme. On trouve dans les revues juridiques des douzaines de definitions differentes et d’analyses divergentes, et personne ne parvient tout à fait à aboutir. La raison en est parfaitement évidente, mais personne ne veut le reconnaitre. C’est qu’il s’agit de trouver une définition qui exclurait la terreur que NOUS exerçons contre EUX,mais qui inclurait la terreur qu’EUX exercent contre NOUS. Or,cela s’avère plutôt ardu. »

Et plus loin encore: « Du point de vue des décideurs états uniens, la bonne définition du terrorisme serait en pratique la suivante: la terreur est la terreur dans le sens habituel du terme si vous l’exercez contre nous; mais si nous l’exerçons contre vous, elle est bénigne, c’est une intervention humanitaire faite dans de louables intentions.Voila la définition qui est utilisée dans les faits. Si les secteurs instruits de la population étaient honnêtes, c’est cela qu’ils diraient. c’en serait fait de tout ce problème de définition. »

Il faut aussi distinguer le terrorisme gouvernemental, pratiqué par des états, le terrorisme intergouvernemental, pratiqué parfois par des entités comme l’Otan qui regroupe plusieurs pays ,et un terrorisme non gouvernemental dont un exemple est donné par les attentats survenus en France en janvier et en novembre 2015.

Nous utiliserons évidemment la définition officielle du terrorisme, adoptée par les USA : Le terrorisme est l’usage délibéré de la violence ou de la menace de la violence pour atteindre des objectifs qui sont de nature politique, religieuse ou ideologique par le recours à l’intimidation ou à la coercition ou en inspirant la peur ». Cette définition du terrorisme étant posée, nous allons l’analyser, tel qu’il s’exerce au Moyen-Orient depuis le début du 20 ème siècle. Pour ce faire j’ai utilisé quelques livres d’auteurs differents, qui ne sont sans doute pas d’accord sur tout avec Noam Chomsky et Gilbert Achcar. Mais il est remarquable que leurs analyses ne se contre disent pas sur l’essentiel, mais que souvent elles se completent .

Voici ces auteurs: 1/ Myriam Benraad auteur de : »Irak,la revanche de l’histoire, de l’occupation etrangère à l’etat islamique » editions vendémiaire et aussi: »Irak:de Babylone à l’état islamique,idées reçues sur une nation complexe »editions le cavalier bleu.

2/ Georges Corm: »Histoire du Moyen-Orient. De l’antiquité à nos jours » editions la decouverte.

3/ Xavier Baron: »Histoire de la Syrie de 1918 à nos jours. » ed:texto

4/ Gilles Kepel: « Fitna »

5/ Gilbert Achcar: « Le peuple veut » ed.Sindbad actes sud et  » La poudrière du moyen orient  » avec Noam Chomsky

6/ Jean Pierre Filiu: « Le nouveau moyen orient, les peuple à l’heure de la revolution syrienne » chez Fayard

7/ Delphine Minoui: « Je vous ecris de Teheran »  ed. Seuil

8/ Noam Chomsky: »La poudrière du moyen-orient » avec Gilbert Achcar chez Fayard

9/ André VLTCHEK avec Noam Chomsky: »L’occident terroriste. D’Hiroshima à la guerre des drones ». Ed.Ecosociété

10/  A propos d’Israel et de la Palestine on peut citer de nombreux auteurs, dans le désordre , qui permettent de comprendre l’histoire de cette région: Ilan Pappe, Hannah Arendt, Edgar Morin, Pierre Vidal Naquet, Noam Chomsky, Alain Gresh, Pierre Stambul, Michel Warschawski , Gilles Deleuze etc..

Cette liste n’est evidemment pas exhaustive, mais ce sont ces auteurs qui m’ont permis d’ecrire ce qui suit.

Tout d’abord: le terrorisme en Arabie Saoudite.

Au debut des années 30, un chef de tribu, Mohammed Ibn Saoud, conquiert la péninsule arabique et s’allie au wahhabisme, composante la plus retrograde et obscurantiste de l’islam integriste, fondée par Mohammed Ibn Abd al-Wahhab , prêcheur integriste musulman du 18 ème siecle. Les Anglais puis les Etats Unis , à la même epoque commencent à decouvrir du pétrole dans cette région. Apres la deuxième guerre mondiale, les Etats Unis supplantent les Anglais dans cette région , la plus riche du monde en pétrole, et s’allient avec la dynastie Saoud et le contrat est le suivant: Les Etats-Unis soutiennent les Saoud dans leur domination sur l’Arabie Saoudite, en échange de quoi, ils pourront exploiter le petrole pratiquement à leur guise en faisant de gros bénéfices. Or le royaume saoudien , dont les 2 piliers sont le wahhabisme et la dynastie Saoud intimement liés, est d’apres Gilbert Achcar, l’état islamique le plus intégriste du monde. C’est l’état le plus obscurantiste, le plus reactionnaire et le plus opprimant pour les femmes. Sa société est arriérée, sclérosée en structure tribale et est soumise à un contrôle religieux qui empeche toute evolution vers les droits de l’homme et la democratie. Et encore aujourd’hui les Etats- Unis soutiennent complètement ce regime à cause du pétrole. Par ailleurs les Saoudiens, d’apres Noam Chomsky , financent largement les variantes les plus extremistes de l’islamisme radical, les madrasas au Pakistan ou des groupes salafistes en Egypte par exemple. D’apres Gilles Kepel, dans son livre Fitna , les USA et l’Arabie Saoudite ont financé des groupes salafistes et des frères musulmans implantés dans des universités aux USA, qui peuvent repandre leurs propagande extremiste haineuse en toute impunité. Et, cerise sur le gateau, des centres de recrutement pour le djihad en Afghanistan ont été ouverts sur le territoire des USA dans les années 80 pour lutter contre l’URSS qui a pénétré en Afghanistan en 1979. On comprend que le Moyen-Orient regorge d’extremistes musulmans ,mobiles dans tout le monde occidental, dont un de leur but ,selon leur doctrine, est de lutter contre les infidèles qu’ils soient juifs, musulmans ou chretiens, dans le monde entier, en France par exemple avec des attentats terroristes. L’existence même du régime saoudien terroriste , soutenu par les Etats-Unis, un état terroriste ( oui les USA!!) selon leur propre définition de ce terme, est donc ,à mon sens, une première cause aux attentats survenus en France en janvier et en novembre 2015.

Ensuite le terrorisme commis par la France et l’Angleterre au Moyen-Orient, apres la guerre de 14-18: en 1916 avec les accords de Sykes Picot, la France et l’Angleterre se partagent ,au détriment des Arabes qui l’habitent, la partie de l’ancien empire ottoman qui se trouve au Moyen-Orient : les Français s’attribuent le Liban et la Syrie et l’Angleterre l’Irak. Les Arabes ne l’entendent pas de la sorte et se révoltent: ce sera la grande révolution de 1920 en Irak qui unit les chiites et les sunnites contre les Anglais. Pendant cette guerre les Anglais bombardent les civiles allègrement. Il faut remarquer que pendant cette lutte contre le colonisateur, les chiites et les sunnites sont alliés. Les medias occidentaux affirment souvent que au Moyen-Orient, la guerre est de nature uniquement  confessionnelle. Rien n’est plus faux,la grande révolution en est un exemple, un autre exemple important est la guerre menée à Fallouja en 2003 par les Etats-Unis contre les Irakiens, les chiites et les sunnites etant unis contre l’oppresseur américain.

En Syrie en 1918 , les arabes aussi seront privés du droit des peuples à disposer d’eux-même. Fayçal ben Hussein, le fils de Hussein ben Ali ,le cherif de La Mecque, libère Damas de la domination ottomane et est proclamé roi de Syrie. Les Français vainquent les arabes en Syrie à la bataille de Maysaloun en 1920 et forcent par les armes Fayçal à s’enfuir. Celui-ci deviendra ,l’année suivante ,en 1921, roi d’Irak, mis en place sur le trône par les Anglais. Les Syriens continuent de resister à l’occupation étrangère française et en 1925, pour garder le pouvoir ,les Français mitraillent et bombardent Damas faisant 10000 morts côté syrien et 3000 du côté de l’armée française. La « révolution nationale » ,comme elle est appelée en Syrie, est donc écrasée par les soldats français mais les Syriens continuent encore et toujours de résister jusqu’à la deuxieme guerre mondiale.A la fin de celle ci De Gaulle bombarde  Damas mais l’indépendance du pays est proclamée en 1946.

De 1921 à 1958 l’Irak est dirigée par le roi Fayçal ben Hussein puis par son fils Ghazi 1er. Ces monarques arabes sont soumis à l’Angleterre. Celle ci dirige en fait l’Irak, garde ses principales bases militaires dans le pays, et exploite pour son compte les gigantesques réserves de pétrole du pays.

Je rappelle ici la définition du terrorisme adoptée officiellement par les Etats-Unis: « Le terrorisme est l’usage délibéré de la violence ou de la menace de la violence pour atteindre des objectifs qui sont de nature politique,religieuse ou ideologique par le recours à l’intimidation ou à la coercition, ou en inspirant la peur ».On constate donc le terrorisme d’état exercé par les Etats unis en Arabie saoudite et par les Français et les Anglais en Syrie et en Irak.

Apres la 2ème guerre mondiale, ce sont les Etats-Unis qui jouent le premier rôle au Moyen-Orient parmi les puissances occidentales colonisatrices, les Français et les Anglais ne sont plus que des comparses mineurs mais complices.

En 1958 ,en Irak, la monarchie tombe et le mouvement des officiers libres prend le pouvoir jusqu’en 1963. Apres quelques peripeties le parti Baas prend le pouvoir en 1968 et le règne de Saddam Hussein débute par l’assassinat  de nombreux opposants: des communistes, des chiites , des kurdes, des progressistes,des enseignants, des radicaux. Dans l’ombre ,les Etats-Unis ont favorisé la venue au pouvoir de Sadddam Hussein en lui fournissant une longue liste de ces opposants qui ont tous été massacrés par le regime baasiste de Saddam. Voir le livre « l’occident terroriste » de Noam Chomsky et André Vltchek, page 106.

Saddam Hussein en 1968 donc prend le pouvoir en Irak avec le parti Baas et devient rapidement un dictateur féroce; en 1980 il décide de faire la guerre à l’Iran pour mettre la main sur ses ressources petrolieres et contrer les chiites du sud de l’Irak qui sont attirés par l’Iran de Khomeiny; c’est une guerre de 8 ans qui commence et Saddam est soutenu par les USA, la France, l’Angleterre et la Russie. Israel soutient , elle, l’Iran; en 1988 le conflit se termine avec ni vainqueurs ni vaincus mais 500 000 morts des 2 cotés; ensuite survient la 2ème guerre du golfe et Saddam Hussein qui voulait mettre la main sur le Koweit est ecrasé par les USA et une coalition occidentale; donc les occidentaux soutiennent Saddam pendant 8 ans et ensuite luttent contre lui….200 000 morts. Puis ce sont de nombreuses années d’embargo contre l’Irak à partir de 1990 qui permettent à Saddam de rester au pouvoir et d’epargner ses partisans les plus proches qui beneficient de la corruption du régime, mais ces années d’embargo achevent de ruiner l’économie irakienne et font 500 000 morts de plus dans la population.

En 2003 quand les USA decident d’attaquer l’Irak et de renverser Saddam Hussein, le pays et son armée sont tres affaiblis par l’embargo, la population est miserable. Mais c’est pour une noble cause: apporter la démocratie, alors que des millions de personnes manifestent dans le monde entier contre cette guerre. En fait c’est pour garder la main mise sur le pétrole que les USA envahissent l’Irak et ,ce faisant , les services de renseignement des USA ont montré que cette guerre en Irak allait augmenter le terrorisme dans le monde. Voir page 21 du livre de Chomsky et Achcar, « La poudrière du Moyen Orient ».  C’est donc sciemment que les USA ont permis l’accroissement du terrorisme en envahissant l’Irak; les USA savent que les attentats de janvier et novembre en France et maintenant à Bruxelle ont été favorisés par leur guerre en Irak.

Cette guerre en Irak, menée par les USA, la 3ème guerre du golfe ( la premiere etant la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988, et la 2ème, la guerre de 90-91, menée par la coalition etats-unienne pour contrer la main mise de Saddam Hussein sur le Koweit) s’est révélée être un fiasco total pour ce qui est de la démocratie et du bien être des populations et tous les analystes maintenant savent que Daech, ce régime militaire monstrueux, s’est bâti sur la mise à l’ecart des sunnites dans la reconstruction de l’Irak. En effet, Saddam Hussein, sunnite , ne representait qu’une grosse minorité dominante en Irak; mais les sunnites sous son regne etaient tres nombreux dans l’administration et les cadres de l’armée; les USA en les excluant completement apres la chute de Saddam Hussein, a d’une part detruit l’organisation de la société et d’autre part mecontenté tous ces militaires qui dirigeaient autrefois une armée tres puissante; ce sont ces militaires sunnites qui sont à la base de la formation de l’Etat islamique ou Daech. Il est à noter comme le montre Myriam Benraad dans son livre, « Irak, la revanche de l’histoire » que c’est par une opposition politique non violente que les sunnites ont essayé de retrouver un rôle dans la conduite de l’etat irakien; peine perdue, les dirigeants chiites mis en place par les USA n’ont rien voulu savoir et le résultat en est la naissance de cet  « Etat Islamique » abominable pour qui la démocratie , la laïcité et le nationalisme sont des inventions de l’occident à rejeter à tout prix.

Les USA , apres avoir detruit toute l’administration étatique, civile et sociale de l’Irak en 2003, n’ont rien fait pour proteger les populations laissées à la merci de ce qui allait devenir une guerre civile; les témoignages sont inombrables du mepris et de la violence des militaires etats uniens envers les irakiens et un exemple frappant en est la torture exercée par des militaires etats uniens à l’encontre des prisonniere irakiens dans la prison d’Abou Ghraib pres de Bagdad en 2004. Le but des USA est de mettre à la tête de l’Irak un gouvernement fantoche soumis à sa volonté; et c’est pour cela que le jeu politique démocratique ne pouvait se dérouler dans ce pays comme cela eut été possible, au vu de tous les partis politiques qui se sont constitués et des élections qui ont eu lieu; comme on l’a rarement rapporté en occident, la société civile irakienne etait suffisemment organisée pour se transformer progressivement en démocratie  avec une constitution , un parlement, un gouvernement, des elections et des courants politiques representatifs de la société civile, et cela malgré l’influence religieuse musulmane peu favorable,loin s’en faut, à une evolution démocratique, un peu comme la structure chretienne de notre société en occident a longtemps été un frein à une évolution démocratique.

Donc les USA , non seulement echouent à mettre en place un gouvernement à sa botte, mais se heurtent à une resistance farouche en particulier à Fallouja en 2004 , année pendant laquelle se deroulent 2 batailles d’une rare violence. Les sunnites et les chiites à cette occasion s’allient contre l’envahisseur etats unien. Les militaires etats-uniens, pendant ces 2 guerres ,penetrent de force dans les maisons avec des chiens pour fouiller les habitants, tirent sur des civiles sans vergogne et comble de l’horreur maltraitent les malades et les blessés soignés dans les hopitaux.Ils survolent la ville avec leurs helicopteres et leurs drones et bombardent avec leurs avions sans pitié les populations civiles obligées de s’enfuir . Des milliers de civils et de résistants irakiens sont tués  contre quelques centaines de soldats etats-uniens. Le terrorisme gouvernemental des USA se manifeste à fond à cette occasion. Comme en 1920 les Irakiens se battent contre les occidentaux pour tout simplement exister et faire vivre leur pays.

Les USA agissent ou ont agi de plusieurs manieres dans de nombreux pays du monde pour asseoir leur domination. Ces manieres, les voici: propagande pour decredibiliser un gouvernement en place afin de pouvoir justifier un coup d’état à venir, organisation d’elections truquées, corruption des dirigeants , menaces ou assassinat de ces mêmes dirigeants, financement de partis d’opposition soumis aux USA, et en dernier lieu quand tous ces moyens ne suffisent pas, la guerre. C’est ce qui se passe en Irak depuis 2003, mais les Irakiens ne veulent pas d’un gouvernement fantoche soumis aux USA qui ne les represente pas.  Les USA agissent ou ont agi avec ces differentes methodes dans de nombreux pays: dans presque tous les pays d’ Amerique centrale , dans presque tous les pays d’ Amerique du Sud , apres 1945 au Japon en Italie en Grece, en Arabie Saoudite comme on l’a vu. Les exemples abondent. L’Irak ne fait pas exception, le moyen ici utilisé est la guerre. Il est utile de connaitre la politique étrangère des USA dans le monde pour comprendre ce qui se passe dans un pays paticulier ici l’Irak.

En Iran  les USA ont stoppé net une democratisation du pays et son corollaire , son indépendance.En 1953 le chef de gouvernement élu démocratiquement, Mohammad Mossadegh, est destitué par un coup d’état fomenté par la CIA qui met au pouvoir le Shah,soumis aux USA et dictateur impitoyable du pays jusqu’en 1979, année pendant laquelle l’ayatollah Khomeyni prend le pouvoir avec une république islamique tout aussi tyrannique. L’Iran a maintenant du mal à se doter d’un etat démocratique.Voir le livre passionnant de Delphine Minoui: « Je vous ecris d’Iran »ed. Seuil

Apres l’Arabie Saoudite, la Syrie, l’Irak, l’Iran, victimes du terrorisme occidental, l’exemple le plus frappant du terrorisme occidental exercé au MOyen Orient est sans doute Israel.

On peut simplement résumer l’histoire de la Palestine et d’Israel apres avoir lu les auteurs cités plus haut ( je rappelle: Hannah Arendt, Ilan Pappe,Gilles Deleuze, Michel Warschawski,Pierre Stambul, Noam Chomsky, Edgar Morin entre autres ) en rappelant que en 1948 ,700 000 Palestiniens ont été chassés de chez eux;  Ilan Pappe parle de nettoyage ethnique de la Palestine dans son livre du meme nom .Deja à cette epoque Hannah Harendt qualifiait Menahem Begin, qui allait devenir premier ministre israelien ,de « fasciste », ce sont ses termes. Ensuite l’histoire d’Israel n’est qu’une succession de guerres coloniales et racistes qui visent à expulser définitivement les Palestiniens de chez eux. Beaucoup de juifs , souvent descendants de victimes de la Shoah sont outrés que les Israeliens trahissent l’histoire et la memoire de l’holocauste juif en exterminant les Palestiniens au nom de la Shoah. Lire par exemple le livre de Pierre Stambul: « Israel/Palestine. Du refus d’être complice à l’engagement. » Que notre gouvernement français collabore avec un etat criminel terroriste comme celui d’Israel est consternant  et alimente le desespoir et la colère des Palestiniens et des arabes du moyen orient , qui se traduit par les actes de folie que sont les attentats de Paris de janvier, ceux de novembre ou ceux de Bruxelle aujourd’hui. Quel peuple ,comme le peuple palestinien, accepterait sans reagir de se voir chassé de sa terre , colonisé et parqué comme des sous hommes dans une prison à ciel ouvert qu’est actuellement Gaza ?  Les USA et les Israeliens enfreignent regulierement les dizaines de resolutions de l’ONU votées par toutes les nations du monde pour redonner aux Palestiniens leur pays et leur dignité et permettre aux Israeliens de vivre normalement à coté des Palestiniens dans un seul ou 2 etats.

Donc en etudiant l’histoire des principaux pays du Moyen Orient on comprend qu’il est evident que les attentats terroristes perpetrés en janvier et en novembre à Paris et aujourd’hui à Bruxelles sont une consequence directe des guerres ô combien plus meurtrieres perpetrées par l’occident terroriste depuis la premiere guerre mondiale au Moyen Orient et dont sont victimes l’Arabie Saoudite, la Syrie, l’Irak, l’Iran et la Palestine et j’aurais pu rajouter l’Afghanistan. La France est respectée dans le monde entier pour sa révolution de 1789, qui implique la liberté l’egalité la fraternité et le droit des peuples de disposer d’eux mêmes. Nos dirigeants actuels et tous ceux qui ont pratiqué une politique coloniale atroce en Afrique et au Moyen Orient  ( en notre nom puisqu’ils ont été élus et cela est insupportable) sont des criminels qui ont trahis ces principes fondateurs de notre republique et du droit international. Il faut lutter activement contre eux et soutenir les mouvements progressistes dans tous les pays victimes de ces politiques coloniales et neocoloniales racistes et meurtières qui sont à l’origine des attentats terroristes dramatiques commis chez nous que ce soit en France ,en Belgique ou ailleurs.

Jacques Menegoz


Qui est l’ennemi ?

Posted by: | Posted on: août 16, 2016

Qui est l’ennemi ?

On ne peut mieux comprendre le mal-être de nos élites face à la guerre qu’en relisant les débats des VI° assises de la recherche stratégique de décembre 2015 : on pense  irrésistiblement à Byzance, où l‘on aurait disserté sur le sexe des anges tandis que les Turcs assiégeaient la ville. Oui, « l’ennemi est à nos portes et nous délibérons ! ». On doit s’étonner : aucun militaire d’active ne semble avoir pris la parole. Leur a-t-on interdit de s’exprimer ? Sont-ils trop timides ou prudents ?
Je vais tenter de mentionner les points forts de ces assises. D’abord l’oubli de l’Histoire et surtout celle de l’Islam. Ensuite, l’oubli, ou le refus des idées d’Henry Kissinger (World Order) :
– que voulons-nous éviter ?
– que cherchons à réaliser?
– même si on insiste, quels engagements devons-nous refuser ?
– quels sont nos intérêts ?
– quelles sont les valeurs que nous voulons promouvoir, dans quel contexte ?
– avons-nous les moyens de ce que nous voulons, seul ou avec des alliés ?

Retour à l’Histoire
Dès le V° siècle de notre ère, nous avons combattu des entités non-étatiques, des jacqueries, des Camisards, des Vendéens : les organisations terroristes musulmanes ne devraient donc pas nous étonner.
Dès le VII° siècle de notre ère et le premier de l’Islam, les dirigeants musulmans ont utilisé la carte de « la guerre sainte » contre les infidèles. L’Occident s’est forgé contre l’Islam. Lors du 1er conflit mondial, les Allemands et les Turcs tentèrent de soulever les populations des colonies françaises et britanniques contre nous en jouant cette carte. De même les dirigeants des guerres de décolonisation menèrent souvent le combat contre les colonisateurs au nom de l’Islam. Après les indépendances, les nouveaux dirigeants utilisèrent la religion musulmane pour obtenir la docilité des populations. Le hic, c’est qu’en terre musulmane, on ne peut se débarrasser d’un dirigeant qu’en l’affublant du terme infâmant de « mauvais musulman ».
Et depuis, l’Islam rigoriste, utilisant certains paragraphes des textes sacrés, financé par l’Arabie saoudite et certains Etats du Golfe, s’est répandu un peu partout.

Depuis le 13 novembre 2015, nous avons un ennemi, le proto-Etat baptisé Daech par nos gouvernants, qui n’osent pas l’appeler « Califat », ce qu’il se veut. Oui, le concept d’ennemi ou de guerre n’allait plus de soi depuis longtemps : rappelons-nous Monsieur Fabius voulant toucher les dividendes de la paix, ou l’enthousiasme avec lequel fut découvert chez nous le navet de Francis Fukuyama « La fin de l’Histoire », ou le tollé accueillant en France l’œuvre de Huntington, « Le choc des civilisations ». Nous préférions parler de nouveaux risques, de nouvelles menaces, dans un fourre-tout où se rassemblaient les catastrophes climatiques, les maffias, les attentats…

Généalogie du califat
C’est le 29 juin 2014, premier jour du ramadan qu’Abou Bakr al Baghdadi Al Husseini Al Quraishi proclamait la restauration du califat sur une partie des territoires de l’Irak et de la Syrie. Le faux témoin et le faux généalogiste sont des spécialités du monde sémite. Le soi-disant calife Ibrahim ne descend pas du Prophète, mais il utilise tous les artifices pour se rattacher aux fondateurs de l’Islam : vêtu de noir comme les califes abbassides, il cite et répète des phrases bien sélectionnées dans les textes fondateurs de l’Islam. La véritable identité du calife Ibrahim, c’est Abou Bakr, al Baghdadi. Il serait né en 1971 à Samarra bourgade située à 125 km au nord de Bagdad. Il aurait combattu les Etats-Unis dès 2003 ; il aurait passé 4 ans dans les prisons américaines. Depuis 2014, il navigue entre Irak et Syrie. Il a éclipsé Al Qaïda comme principal adversaire des Occidentaux, car il s’est constitué une base territoriale, il a disposé de moyens militaires et financiers importants grâce à l’aide de la Turquie, de l’Arabie saoudite, de certains Etats du Golfe, sans parler de la naïveté des Occidentaux qui ont instruit et armé de soi-disant modérés qui ont rejoint le califat avec armes et bagages.

Pour les Occidentaux, c’est un retour au Moyen-Age ; pour beaucoup de Musulmans, c’est la restauration d’une institution prestigieuse, symbolisant l’unité des Musulmans et le rêve d’une monarchie universelle islamique. Né en Arabie au VII° siècle, abolie en 1924 par Ataturk, le califat fait toujours partie de l’imaginaire musulman.
Comme d’autres, (Nasser, Erdogan) Abou Bakr puise dans les traditions du califat pour utiliser les forces sacrées, frapper l’imaginaire et mobiliser les populations.  Comme je l’ai souvent dit, pour lutter contre l’Empire byzantin, les dirigeants omeyyades et abbassides ont fabriqué un ensemble d’écrits, Coran,  Sîra, Hadith (plus de 100 000 !) comme source de légitimité. Comme l’a constaté Gilles Kepel, pour établir la genèse du califat (Daech pour nos dirigeants, ISIS pour les Anglo-saxons), il faut remonter au djihad afghan contre les Soviétiques. Les Etats-Unis financent la guérilla contre les troupes soviétiques, la chair à canon est fournie par les élèves des écoles coraniques afghanes, pakistanaises et saoudiennes. Dès que les Russes jettent l’éponge, les Américains cessent de financer les forces qui combattaient les Soviétiques. Naît alors une mouvance islamique, rassemblant des combattants aguerris, motivés qui cherchent un gagne-pain et des objectifs.
La désillusion envers les Américains est utilisée par Oussama ben Laden pour lancer Al Qaïda (la base) d’où punir les Américains et conquérir le monde. C’est le 11 septembre 2001 que la majorité d’entre nous découvrent Al Qaïda et Ben Laden. La réplique américaine, ce sont les opérations d’Afghanistan et d’Irak, puis l’élimination de Ben Laden.

Au sein de la mouvance islamiste, la critique de la stratégie de Ben Laden est effectuée en 2005 par un ingénieur syrien, Abou Moussab al Souri, époux d’une Espagnole convertie à l’Islam, issue d’une famille communiste. Ce couple met en ligne sur Internet un ouvrage de 1600 pages, intitulé « Appel à la résistance islamiste ». Pour eux, le 11 septembre 2001 est une faute, due à la démesure de Ben Laden : le seul résultat, c’est la légitimité de Georges Bush qui va pouvoir détruire Al Qaïda. Plutôt qu’utiliser un modèle pyramidal, et léniniste, il faut opposer aux Occidentaux un modèle réticulaire par réseau, en partant de la base et non du sommet. En arabe « nizam, la tanzim » un système, non une organisation. Ce sont You Tube, Facebook, Twitter qui en assure la pérennité, la propagande et le recrutement. Ce n’est pas l’Amérique, trop lointaine et trop puissante qu’il faut attaquer, mais l’Europe, ventre mou de l’Occident, où résident des millions de jeunes issus de l’émigration postcoloniale musulmane, mal intégrés, sensibles à l’appel à la révolte et au combat.

Les participants de ces assises de la recherche stratégiques étaient bien conscients de la complexité des problèmes stratégiques actuels et ils ont préféré disserter sur la notion d’ennemi, la difficulté de prendre en compte le fait religieux, le continuum criminalo-terroriste etc…
Pierre Conesa a rappelé qu’en Syrie : « il y a cinq guerres en une. Celle des Turcs contre les Kurdes…Celle des sunnites contre les chiites…Celle de Daech contre Al Qaïda… ; les salafistes contre les minorités…Celle d’Assad contre tout le monde. Et nous arrivons comme des chevaliers blancs en pensant que nous allons résoudre la crise syrienne »
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De l’ennemi
Pour moi, l’ennemi est celui qui tue mes compatriotes. Et je récuse le refus de considérer qu’il y a un ennemi intérieur : nos révolutionnaires n’avaient pas ces pudeurs et ils parlaient sans émotion des « ennemis du dedans et du dehors »

Pour certains, l’ennemi est un élément structurant des relations internationales :
– Bertrand Badie : « Finalement, l’histoire de nos Etats, c’est l’histoire d’ordres politiques qui se sont constitués par la confrontation. C’est à dire qu’en quelque sorte l’inimitié est structurante. »
– Régis Debray : « Qu’est-ce au fond qu’un ennemi ? Les invariants de l’Histoire, depuis le néolithique, répondent : une entité indispensable et salutaire. Un mal si nécessaire, comme l’est le « barbare » à toute « civilisation », qu’un familier des longues durées ne peut y voir qu’un bien structurant et revitalisant. Une communauté de destin ne se forge qu’en se trouvant un ennemi commun. »
– Carl Schmitt est cité par Ninon Grangé : « La distinction spécifique du politique… c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi. Elle fournit le principe d’identification qui a valeur de critère, et non une définition exhaustive ou compréhensive. »
– Tsvetan Todorov note : « Consubstantiel aux conceptions totalitaires de l’histoire, la notion d’ennemi ne joue pas un rôle de premier plan dans la vie des pays démocratiques, mais est utilisée sporadiquement dans le même sens… On identifie parfois l’ennemi avec une population spécifique : les immigrés des pays pauvres, les musulmans… L’effet de ces propos est d’instiller dans la population un sentiment de peur et donc d’inciter un nombre important d’électeurs à voter pour le parti formulant cette accusation, et promettant de faire disparaître cet ennemi….  »
– Hélène Carrère d’Encausse rappelle que : « La guerre froide avait cette vertu d’être rassurante. Elle se passait dans un ordre international connu, prévisible, parfaitement organisé. On savait à peu près vers quoi on allait, on savait comment la contrôler.  Ce monde est terminé. Il s’est terminé à la fin de l’Union Soviétique. Et j’ajouterai que nous sommes entrés dans un autre monde dix ans plus tard, avec l’attaque des tours jumelles… Les Etats-Unis, seule superpuissance qui pendant dix ans avaient dominé et structuré la vie internationale, l’acteur majeur de la vie internationale  peut être atteint en son cœur et est vulnérable… Et tout d’un coup, on se trouve devant un ennemi indéfinissable. Est-ce un ennemi ? Il est presque impossible de le dire. »

Désigner l’ennemi, est-ce une construction politique ?
– Renaud Girard : « Nous n’arrivons pas à désigner notre ennemi principal. Pourtant comme le nazisme jadis, il n’avance guère masqué, ni dans l’expression écrite de son idéologie, ni  dans le passage à l’acte. C’est l’islamisme international. »
– Pierre Conesa : « Dans les années 1990, quand l’URSS a fait la mauvaise blague de disparaître… j’ai vu fonctionner le système stratégique américain qui produit à flot continu de l’ennemi : ça a été « le clash des civilisations » ou encore « la fin de l’histoire ».
– Alain Bauer : « Les autorités ont longtemps hésité à trouver les mots pour désigner l’adversaire (or, désigner l’ennemi est le premier pas vers la capacité de la combattre) ont enfin désigné ses contours (armée terroriste djihadiste) qui correspond assez justement à l’organisation (on saluera l’apport du renseignement militaire à ce progrès) »
– Bertrand Badie se pose la question : « Un non Etat peut-il être un ennemi ? » « Le grand Jean Bodin … avait un autre mot pour distinguer l’adversaire dès lors que ce n’était pas un Etat. Il appelait cela un brigand. Le brigand et l’ennemi, ce n’est pas la même chose… Est-ce qu’un entrepreneur de violence, c’est ainsi que j’étiquetterai Daech ou Al-Qaïda, peut acquérir un statut d’ennemi dès lors qu’il n’est pas institutionnalisé ? » J’observe en passant que les colonnes infernales désignaient de bandits les Vendéens qu’elles massacraient…
– Régis Debray répond : « Donner à une meute la dignité d’une armée, ériger un petit voyou en soldat au motif qu’il vous tient lui-même pour un ennemi et vous traite en conséquence, n’est-ce pas lui faire bien de l’honneur et tomber le dans le piège d’établir un lien égal entre une bande d’hallucinés ou de délinquants et un Etat de droit constitué ? N’est-ce pas la faire monter en grade, lui rendre en quelque façon un service (ne rend-on pas les honneurs à un ennemi vaincu?) »

La fin de l’ennemi extérieur
Bertrand Badie : « L’ennemi dans notre construction historique et politique est au dehors, il est en face… est-ce que véritablement ce que nous vivons aujourd’hui renvoie à l’idée d’extériorité, quand nous savons que les acteurs de violence habitent chez nous et sont parmi nous, et révèlent nos échecs en matière justement d’intégration et de construction de l’Etat ?

Que faire ?
Hubert Védrine, ancien ministre est le seul à présenter des idées pratiques : « Si endiguer ne suffit pas parce qu’on n’arrive pas à neutraliser, si la neutralisation est hors de portée, il faut éradiquer. Mais on n’éradique bien que ce que l’on remplace. C’est là que l’on retrouver la connexion entre dimension politique et dimension militaire… Il est très important de trouver la solution de remplacement politique…
Détruire les causes, assécher le vivier, c’est un travail de très longue haleine. Dans l’affaire de l’éradication de la menace islamiste actuelle, il faudrait, après la dimension militaire malheureusement inévitable et la dimension politique passant par mille tractations diplomatiques, songer à la dimension proprement religieuse. Or les Occidentaux, notamment la France ont mis beaucoup de temps à l’admettre parce que cela contredit une sorte de croyance dominante, selon laquelle les questions religieuses sont dépassées. »
Pour André Garapon, il faut : « réagir de manière adaptée, résiliente…avec cette idée qu’un des objectifs stratégiques du terrorisme djihadiste, c’est de disqualifier l’Etat de droit et de montrer que tout cela reste en fait une hypocrisie et que la véritable nature des Etats occidentaux européens, c’est que ce sont des Etats anti-musulmans, où il n’y a de droits que pour ceux qui ne sont pas musulmans… traiter, s’adapter, ne pas plier, ne jamais abandonner l’idée que le droit c’est à la fois une arme et un système de garantie. »

Bibliographie
– Kissinger Henry, World Order, Pernguin Press, New York , 2014
– Nabil Mouline « Le califat. Histoire politique de l’Islam » Champs, 2016
– « Qui est l’ennemi », VI° Assises nationales de recherche stratégique, www.csfrs.fr/missions/assises/2015/podcast
– « Qui est l’ennemi » Danon Eric, Revue de défense nationale février 2015, p.110-116
– Wikipedia

Auteur :  Jean SALVAN
Source: Magistro

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Pot pourri sur le terrorisme et ses finances

Posted by: | Posted on: août 16, 2016

Pot pourri sur le terrorisme et ses finances

Certes, les avancées des forces syriennes et la reconquête de Palmyre ont fait taire les chantres de « Il faut que Bachar parte ». Car les résultats des bombardements américains et occidentaux semblent toujours ténus. Il est difficile de ne pas reconnaître que la stratégie et la tactique russe ont obtenu de meilleurs résultats que les nôtres, empêtrés que nous sommes par nos alliés saoudiens, qatari et turcs. Mais cela ne suffira pas à tarir le terrorisme chez nous.

Le déluge d’articles dans la presse qui a suivi les attentats de Bruxelles me semble omettre deux points importants : la haine de certains musulmans pour l’Europe occidentale est-elle due à notre passé colonial ? Qui finance les activités des groupes islamistes radicalisés ?

Non, le contentieux entre la France et l’Europe ne date pas des accords Sykes-Picot, ni du débarquement de Sidi Ferruch en 1830. Dès 707 de notre ère, l’Espagne était envahie par des musulmans, la France depuis 715, et le sud de notre pays ne fut libéré du joug musulman qu’en 980. Du X° au XIX° siècle, des Européens furent pris en esclavage par des musulmans installés au Maghreb, de 1 à 4 millions suivant les auteurs, Cervantès et Saint Vincent de Paul sont les plus connus d’entre eux. En fait, les combats se sont rarement interrompus du VII° au XXI° siècle.

Trop souvent la presse prétend que les organisations terroristes se financent grâce à des activités crapuleuses : trafic de stupéfiants, extorsion de fonds, prise d’otages et rançons.
Ce n’est pas faux, mais c’est insuffisant. Il faut y ajouter les subventions des fonds « caritatifs » saoudiens et qatari, Rabita, Qatar Charity par exemple. En principe destinés à construire des mosquées et à aider les pauvres, ces fonds arrosent généreusement les organisations salafistes et wahabites, qui sont les précurseurs de toutes les dérives musulmanes fondamentalistes. Nos services (Tracfin par exemple) tentent–ils de vérifier les trajets que suivent ces pactoles  et leur utilisation ?

Nous sommes paraît-il en guerre et en état d’urgence. Qu’attend-on pour expulser tous les imams qataris et saoudiens ? Qu’attend-on pour brouiller les émissions d’El Djezira et d’Al Arabia ?

Écrit par  SALVAN Jean

Source: Magistro


Les accords Sykes et Picot, un coupable idéal ?

Posted by: | Posted on: août 16, 2016

Les accords Sykes et Picot, un coupable idéal ?

Pour un certain nombre de commentateurs, les accords Sykes-Picot, signés le 16 mai 1916, seraient responsables du chaos actuel au Proche et au Moyen-Orient. C’est aller bien vite en besogne. On peut d’ailleurs s’étonner que le Vice-Président américain Joseph Biden junior puisse affirmer que les problèmes du Moyen-Orient découlent « de frontières artificielles, qui ont créé des Etats artificiels, regroupant des groupes distincts du point de vue ethnique, religieux, culturel. » Y a-t-il des frontières plus artificielles que celles séparant le Mexique et le Canada des Etats-Unis, ou les frontières de 80 % des Etats américains ?

C’est oublier l’histoire de cette région depuis les premiers moments de l’Islam.
A peine le Prophète enterré, ses fidèles se déchirent pour prendre sa succession. Qui est le plus légitime, son gendre Ali ou l’un de ses lieutenants ? Le conflit se solde par l’assassinat d’Ali et la division entre les partisans de la tradition ou plus exactement les assassins d’Ali -les sunnites- et les partisans d’Ali -les chiites-.
Depuis, les luttes intestines n’ont jamais cessé, et les vainqueurs se sont partagé la région : le centre politique et religieux sunnite allant successivement à Damas, Bagdad, La Mecque, tandis que Téhéran restait la capitale du chiisme contre les Arabes. De toutes façons, l’Islam sunnite a un point commun avec le marxisme–léninisme : il n’a rien compris au phénomène national et il le récuse. Les tyrannies se sont succédées et jamais un régime démocratique, au sens que nous donnons à ce terme, n’a perduré. Seuls les Ottomans, avec leurs méthodes habituelles, assurèrent l’ordre pendant près d’un demi-millénaire.
Cessons de croire que c’est à cause de Saddam Hussein ou de Bachar el Assad que la situation en Irak ou en Syrie est catastrophique. La situation s’est envenimée car nous avons toujours le réflexe colonial : organiser le monde à notre façon… alors que nous n’en avons plus les moyens. Et les bombardements aériens ont rarement imposé la démocratie.

Contrairement à certaines affirmations,  Mark Sykes et François Georges-Picot  connaissaient assez bien la région et son histoire. Un des buts de guerre des Britanniques, Français et Russes était le dépeçage de l’empire ottoman. Et la mission implicitement confiée à Sykes et Georges-Picot, c’était de contrer les appétits russes…
Le schéma imaginé comportait :
– une zone française, que nous aurions dû administrer directement, soit le Liban et la Cilicie ;
– une zone sous notre influence, soit le nord de la Syrie et la région de Mossoul ;
– une zone administrée par les Britanniques, soit le Koweït et la Mésopotamie ;
– une zone sous influence britannique, comportant le sud de la Syrie, la Jordanie et la Palestine ;
– une zone sous influence internationale, avec Jérusalem, Saint Jean d’Acre, Haïfa.
Constantinople (Istamboul) et une partie de la Turquie actuelle aurait dû revenir à la Russie.
Les deux alliés ne tardèrent pas à torturer ces accords à leurs avantages.

Dès 1916, la France mit en place deux missions, chargées d’assurer la liaison avec les Britanniques, qui menaient l’essentiel des combats dans la région et avec Hussein, le Chérif de la Mecque.
Le Lieutenant-Colonel Brémond, arabisant, fut chargé des liaisons avec le Chérif  Hussein, et de lui proposer l’aide de la France pour organiser son armée.
Le Chef d’Escadron Cadi fut chargé de garantir l’accès au pèlerinage de La Mecque pour les ressortissants des colonies françaises.
Les Britanniques, le 2 novembre 1917, par la déclaration de Balfour, Ministre des affaire étrangères, promirent aux Juifs « un foyer national pour le peuple juif en Palestine… étant entendu que les droits des autres communautés en place devraient être respectés ».

Horrifié par la diplomatie secrète, le Président Wilson voulut améliorer le partage du Moyen-Orient. Il y dépêcha deux émissaires, Henry King, un théologien, et Charles Crane, un industriel. Ils rencontrèrent des centaines d’interlocuteurs locaux, sans rien proposer de d’innovant. Ils voulaient regrouper les Kurdes en Irak ou en Turquie, avec le succès que l’on sait. Le Liban aurait été incorporé dans une grande Syrie, avec une autonomie limitée. Grâce à Dieu, ni les Britanniques, ni les Français, ne tinrent compte de ces billevesées.
En dépit de ces coups tordus, la France s’installa au Liban sans difficulté, mais elle dut combattre durement, surtout de 1925 à 1927, pour occuper la Syrie.  Et nous dûmes, faute de moyens, renoncer à la Cilicie et à Mossoul.

Pendant ce temps, Ibn Saoud se taillait dans la péninsule arabique un royaume dont le ciment idéologique fut une lecture littérale du Coran et des hadith (wahabisme). Pour s’assurer les ressources en pétrole de l’Arabie saoudite, les Etats-Unis signèrent avec les Saoudiens, en 1945, le pacte du Quincy : en échange du pétrole, les Américains garantissaient la sécurité du royaume. Les revenus fabuleux du pétrole allaient permettre aux Saoudiens de financer et de promouvoir leur version de l’Islam.
C’est ce que nous payons aujourd’hui, aggravé par les mésaventures occidentales en Irak et en Afghanistan : l’examen de conscience n’est pas de mise dans l’Islam et les Occidentaux sont le bouc émissaire idéal des malheurs des Musulmans.
Et c’est le conflit politique et idéologique qui oppose depuis 1978 Sunnites et Chiites qui permet le mieux de comprendre l’imbroglio du Proche et du Moyen–Orient. Car Khomeini a d’abord voulu secouer le joug sunnite qui maintenait les Chiites dans une position subordonnée.

Écrit par  SALVAN Jean


LIBRE OPINION du général Jean SALVAN

Posted by: | Posted on: août 16, 2016

salvanPour qui a parcouru le Levant (Proche et Moyen-Orient des Anglo-Saxons), les pages de décryptage du 1° octobre dernier dans Le Monde, consacrées à l’Irak et à la Syrie, laissent pantois. Comme les émigrés de 1815, nous n’avons rien appris et nous avons tout oublié. Peut-on se débarrasser des tyrans et instaurer la démocratie à coups de bombardements aériens ou à coups de drones de combat ? La réponse est loin d’être évidente, si l’on réfléchit aux résultats des guerres menées par les Occidentaux en Libye, en Irak, en Afghanistan. Nous avons plutôt créé le chaos et nous avons provoqué le réflexe de Valmy, l’union sacrée contre l’envahisseur.

Qu’avons-nous retiré du prétendu printemps arabe ? Oui, Ben Ali et Moubarak, dictateurs relativement laïques, ont été  chassés du pouvoir. Immédiatement, les Frères musulmans et les salafistes les ont remplacés. Si la démocratie ne semble pas menacée en Tunisie, une guérilla fondamentaliste tient le djebel Chambi et la région comprise entre Kasserine et la frontière avec l’Algérie. En Egypte, seul un coup d’état militaire a permis d’expulser Morsi et ses acolytes du pouvoir.

En Syrie, nous avons oublié que, sous l’Empire ottoman, les Alaouites étaient traités comme des parias, depuis qu’une décision religieuse (fatwa) d’Ibn Taymiyya, au XIV° siècle de notre ère, les vouaient à l’extermination comme hérétiques. Il faut savoir que la religion alaouite est une synthèse de l’Islam chiite et du christianisme : ils fêtent toujours Pâques et Noël. Et les Français, lors du Mandat (1920-1943), ont accordé la citoyenneté syrienne à toutes les minorités : les Alaouites nous en furent très reconnaissants. De plus, sous l’Empire ottoman, la province de Syrie comportait certes la Syrie actuelle, mais aussi le Liban, la Jordanie et la Palestine. Dès le mandat français, une majorité des Syriens a demandé la reconstitution de la province ottomane de Syrie. On ne peut rien comprendre à la politique des Assad père et fils sans avoir en tête cette volonté de réunir Syrie et Liban, dans un ensemble où les Sunnites ne seraient plus majoritaires…

Si Bachar el Assad disparaissait, quelle chance aurions–nous d’avoir en Syrie un chef d’Etat présentable ? Rappelons qu’à partir de 1943, des Sunnites dirigeaient la Syrie. Ces « démocrates » firent immédiatement appel à des nazis qui avaient échappé aux tribunaux alliés pour organiser l’administration, les services de sécurité et les forces armées syriennes. Une éphémère « république arabe unie », de 1958 à 1961, rassembla l’Egypte et la Syrie : l’Islam comprend aussi mal la nation que les marxistes-léninistes.  Il y eut ensuite sept ou huit coups d’état, tous préparés à Beyrouth, avant qu’à partir de 1974 Hafez el Assad impose la stabilité d’une main de fer. Soyons clairs : Bachar el Assad et son clan exercent une dictature féroce. Ceux qui s’opposent à lui sont-ils moins cruels ? Peut-on espérer qu’ils admettront que des minorités puissent coexister à côté d’eux ?

J’en doute. Depuis près de trois ans, on nous serine que Bachar el Assad est aux abois, que son régime va s’effondrer. J’en doute. Et comme je voudrais que l’on se souvienne d’une phrase d’Henry Kisisnger : « En politique, le principal problème n’est pas de lutter contre le mal. Mais c’est de maîtriser ceux qui croient agir pour le bien de l’humanité.  »

Auteur :  Jean SALVAN (Officier général 2ème section)
Source: Magistro


Salvan2SALVAN Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants

Officier, général de corps d’armée

Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988)
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) (« Société et Défense »)
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) – L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) –
La paix et la guerre (1992) – Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr


Google Now Ok Google : La liste des commandes vocales sous Android – FrAndroid

Posted by: | Posted on: juillet 17, 2016

La voix est à l’honneur depuis le lancement de KitKat, qui autorise le lancement intelligent de la commande vocale d’un simple « OK Google » sur l’écran d’

Source : Google Now Ok Google : La liste des commandes vocales sous Android – FrAndroid


WLFC

Posted by: | Posted on: juillet 16, 2016


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Posted by: | Posted on: juillet 16, 2016